Interview de Constance PARRA, comédienne dans le rôle de CARMEN

Association Val de Luynes Evènements : Quelle représentation aviez-vous de Carmen, ce personnage mythique, avant même de le jouer ?

Constance PARRA : C’est très bien qu’on commence par ça. C’est un personnage que je connais depuis longtemps et dont j’avais déjà une idée assez forte avant que Fidel Pastor Sanz, notre metteur en scène et l’adaptateur du spectacle, ne me propose le rôle. Mon père est passionné d’opéra et m’y emmène depuis que je suis toute petite. C’est un privilège que j’ai. J’ai découvert Carmen enfant mais pas en live. C’était une captation, une retransmission en direct de la Royal Opera House avec Anna-Caterina Antonacci dans le rôle de Carmen et Jonas Kaufmann dans celui de José.  Je suis restée dans une fascination complète vis-à-vis de la présence et du charisme d’Antonacci. Je l’ai trouvée absolument sublime ! […] En tant que petite fille, je pense que j’avais 10 ans, j’ai été fascinée par cette représentation féminine.

Et puis, l’année suivante, en sixième, comme tous les élèves de ma classe, j’ai lu la nouvelle, on l’a étudiée. Je ne sais pas si j’ai tout compris. Sixième : c’est tôt ! Mais le personnage doit imprimer quand même, je pense. Je ne sais pas si j’ai fait tout de suite le lien. En effet, j’avais vu l’opéra mais l’écriture de Mérimée est très différente du livret de Meilhac et Halévy, de la mélodie et de l’univers de Bizet, qui l’a énormément changé, édulcoré, transformé pour que ça puisse rentrer à l’opéra-comique. Ainsi c’est un personnage qui est resté dans ma tête et que j’ai toujours voulu jouer. Je ne m’étais jamais dit que c’était possible de le jouer mais, quand Fidel nous a évoqué l’idée qu’il souhaitait monter Carmen, je me suis dit, « C’est quand même un beau rôle ! »

C’est très compliqué, ce rôle-là, parce que certes, moi, j’y suis arrivée par la fulgurance d’Antonacci mais notre metteur en scène a coutume de s’intéresser aux mythes, Frankenstein, Don Juan et maintenant Carmen. Et c’est difficile, c’est un travail de Titan à faire, puisque, évidemment, quand on a un mythe, à fortiori un mythe féminin comme celui-ci, il faut le décrasser, le dépoussiérer. Comme on taille une statue, il faut retirer toutes ces couches de perception, d’imagerie hégémonique. Il faut gratter un petit peu tout ça pour se dire, bon, en fait, qui est ce personnage observé à travers une série de regards masculins : celui de José, celui du narrateur ? Et puis, après, celui de Bizet, Meilhac et Halévy … « Qu’est-ce qu’on en fait de tout ça ? »

Effectivement, face à un tel mythe, comment vous avez pu, vous-même, appréhender le personnage et vous l’approprier ?

C.P :  Déjà, il faut essayer de se débarrasser de tout cet historique, de s’extirper du regard, on ne va pas se mentir, très misogyne de Mérimée. De fait, la nouvelle commence par une phrase du poète grec Palladas qui est d’une misogynie absolument insupportable : « Toute femme est amère comme le fiel ; mais elle a deux bonnes heures, une au lit, l’autre à sa mort. » Donc, il y a déjà un point de vue qui est extrêmement fort.

Puis, on est dans cette dichotomie de la littérature, avec tous les grands personnages féminins. C’est The MadWoman in the Attic dans l’essai de Sandra Gilbert et Susan Gubar édité en 1979 ; c’est la sainte et le démon, la mère et la prostituée, toutes ces binarités. Donc, déjà, il fallait retirer toutes ces représentations. Et puis, Mérimée, même s’il ne se qualifie pas forcément de réaliste, a une approche ethnologique assez critique. Donc je pensais que ce serait bien d’aborder le rôle avec plus de simplicité et de considérer, derrière toutes ces couches de mythes, qu’il y a une jeune femme qui évolue dans un milieu, qui est quand même le milieu de la communauté gitane espagnole, qui est rude. On va apprendre qu’elle fait de la contrebande ; elle démarre dans un univers qui est celui de la tabacalera, dans lequel elle roule des cigaros toute la journée, sous une chaleur étouffante, dans un univers oppressant. En fait, se dessine devant nous, une femme pleine de vie, pleine d’énergie, drôle aussi, qui aime profondément la vie, qui aime manger, qui aime boire, qui aime flirter avec toutes les personnes qui se trouvent autour d’elle, qu’elles lui plaisent ou non. Si c’est le cas, qu’elles prennent garde à elles ! C’est un personnage explosif, une petite bombe à retardement puisqu’elle fait face à plein de situations d’emprisonnement, d’injustice, et tout ce qu’elle fait tout au long du récit, c’est d’essayer de casser ces geôles, ces barrières sociales. Déjà là, on a quand même quelque chose, on a une matière à creuser qui est quand même beaucoup plus proche de moi, de nous, d’un individu de mon âge, qu’on peut lire aussi tout à fait à notre époque. Et puis après, je me suis beaucoup posé aussi la question du corps de ce personnage-là.

Il y a effectivement un travail énorme sur le corps dans ce rôle ? Comment l’avez-vous préparé ?

C.P : On aime tous ce personnage, d’une manière ou d’une autre, et on l’aime surtout en tant que femme. Je pense que peut-être le public masculin aussi va l’aimer, mais peut-être d’une autre manière. On a tous une idée très forte de ce qu’est Carmen. C’est pour ça que c’est difficile. Le but, ce n’est pas de la rendre à tout prix inédite, à quoi bon ! C’est d’utiliser mon corps et de voir ce que moi je peux en faire. C’est vrai que le rôle est très physique dans cette adaptation-là, en plus. Il y a de la danse, il y a du chant… Je dois avouer que c’est peut-être un des premiers spectacles dont je ressors vraiment… Je sens que c’est très très, très cardio. Et pourtant, j’en ai eu des spectacles fatigants ! Et pourtant j’ai une condition physique et je suis très sportive.

Pour moi, c’est un personnage qui est inscrit dans une tension, entre un ancrage profond dans le sol et une connexion à un imaginaire spirituel. Je vois ma démarche, je fais peser tout mon poids dans mes hanches, dans le bas de mon ventre, pour vraiment ancrer une démarche lourde et très posée, lente, qui prend de l’espace. Moi, je la visualise un petit peu plus large que moi, et avec cette grosse jupe c’est fantastique ! Et en même temps, c’est quelqu’un aussi qui est profondément connecté aussi au spirituel, à l’invisible, à toute une culture ésotérique propre à sa culture. Donc, il y a cette dichotomie-là qui est intéressante, et puis, c’est vraiment la démarche que j’ai travaillée. La démarche, la posture, la posture flamenca, c’est-à-dire la poitrine très ouverte, les épaules en arrière, et évidemment, le regard. Et c’est ça qui m’avait fascinée ; d’ailleurs, j’avais regardé quelques inspirations, et dans l’interprétation d’Anna Caterina Antonacci, ce qui m’a vraiment fascinée, c’est son regard. Elle a un regard fou, mais vraiment, avec toute la sympathie du monde, sans connotation péjorative, elle a un regard animé, possédé, animal, qui est absolument… qui est très impressionnant. Et puis, aller chercher aussi une animalité dans ce personnage parce que c’est quelqu’un qui fonctionne à l’instinct. Donc, quand c’est trop insupportable pour elle, elle change de visage et elle explose !

 Avez trouvé des scènes plus difficiles à jouer que d’autres ?

C.P :  Moi, ce qui m’a fait le plus peur, au départ, c’est l’adaptation du texte, comment dire… C’est une adaptation conjointe d’extraits de la nouvelle de Mérimée, qui en constitue le socle principal, et d’extraits du livret de l’opéra de Bizet de Meilhac et Halévy. Quand nous avons eu le texte, on avait d’abord du Mérimée qui s’ouvrait ensuite sur du Bizet pour repasser à Mérimée. Et moi, je me suis d’abord demandé comment on allait faire pour polir tout ça, pour se le réapproprier, pour créer aussi une masse textuelle qui soit homogène. Ensuite, comment s’approprier et rendre concret et incarner les vers de l’opéra, parce qu’il y a des airs qu’on retrouve dans le texte sous forme de scènes dialoguées. J’avais même la musique en tête. Il y a des scènes sur lesquelles ce n’est juste pas possible, c’est hyper drôle quand on entend la musique ! Notamment dans les scènes chez Lillas Pastia, on ne peut pas s’empêcher d’entendre la musique… Même moi, quand je vois mes copains jouer, j’entends. En tout cas, ça me fait rire à l’intérieur. Mais voilà, c’était ça, peut-être, le premier enjeu. Et bon, alors, il ne faut pas qu’on dévoile tout mais il y a la grande scène de la mort de Carmen qui est d’un tel lyrisme et d’une telle portée tragique alors que c’est un opéra-comique ! Comment faire pour rendre ça concret ? Moi, c’était ça qui me faisait peur, c’était cette scène finale. Peut-être pas tant le fait de devoir mourir, parce que j’ai déjà eu l’occasion de mourir dans ma vie sur d’autres spectacles, mais pas de la main de José évidemment. Oui, et d’en redonner la dimension tragique et forte.

C’est vrai que dans le rôle, il y a une alternance régulière de registres !

C.P : Exactement, et c’est cette alternance de registres qui est géniale pour une comédienne et pour un rôle féminin, souvent cantonné à un seul registre, alors que là, on passe du drame à la comédie. Et puis Carmen a un caractère un peu particulier parce qu’elle peut vraiment basculer dans un état d’esprit très sombre, et même une attitude. Et puis, tout à coup, désamorcer le tout par une blague, par un calembour… Et c’est ça qui  est aussi désarçonnant, mais qui est génial à jouer. C’est un rôle qui est jubilatoire par la liberté qu’il procure.

Vous parliez tout à l’heure des publics masculins, publics féminins. Dans l’expérience que vous en avez pour l’instant, y-a-t-il une différence de réception entre les deux publics ?

C.P : Alors, est-ce que j’ai discuté avec suffisamment de spectateurs pour pouvoir arriver à des conclusions ? Alors, je ne voudrais quand même pas être dans une caricature : ce n’est pas du tout ma perception des choses, bien au contraire. Mais disons que, quel que soit notre genre, on a tous une idée de qui est Carmen. On a tous beaucoup d’attentes vis-à-vis de ce personnage. Ah oui. C’est vraiment un personnage qui peut autant plaire que décevoir. Et je vois même, par exemple dans les critiques d’opéra, et c’est parfois affligeant, que les attentes sont énormes. Et c’est vrai que, déjà, dans la culture de la critique de l’opéra, on aime bien, justement, y aller un petit peu… Parfois je vois qu’une chanteuse d’opéra dont le corps n’est pas forcément conforme aux critères hégémoniques de beauté, se prend parfois des remarques principalement là-dessus. Enfin, je veux dire, on est impitoyable vis-à-vis de Carmen, sur son physique, sur sa morale, sur tout.

Depuis le début, parce que les critiques du XIXe n’étaient quand même pas tendres non plus…

C.P : Absolument, absolument. Si ce n’est encore pire, évidemment. De toute façon, on a failli ne pas le monter à l’Opéra-Comique. C’est vrai que, moi, il y a plusieurs hommes qui m’ont dit… « Oh là là, on tombe un peu amoureux de Carmen, on est charmé par Carmen, mais bon, qu’est-ce qu’elle est agaçante, quand même ! » Moi, ça me fait rire, parce qu’en fait, c’est toute la… Comment dire ? C’est toute l’ambivalence aussi… du personnage qu’on peut tirer de la réception de la nouvelle de Mérimée. C’est quand même à mourir de rire, que Mérimée soit d’une misogynie aussi ignominieuse, et que malgré tout, Carmen devienne, au fil de l’intertextualité, au fil des époques, une figure d’émancipation. Voilà, c’est bien fait pour lui, et c’est très drôle ! Et voilà, il y a tous ces paradoxes-là et je pense que le public, encore aujourd’hui, quel que soit son genre, va être touché d’une manière ou d’une autre, quel que soit le rôle auquel il s’identifie, parce que c’est un texte, une pièce qui est vraiment dans ces tensions-là, en tout cas dans ce qu’elle raconte des femmes.

Pour vous, c’est un personnage qui garde une modernité, surtout aujourd’hui, j’imagine ?

C.P : Bien sûr, parce que des Carmen, aujourd’hui, il y en a plein. Déjà, évidemment, parce qu’il faut quand même prendre soin de replacer ça dans un contexte sociologique et ethnologique aussi. Il y a aussi la question de la communauté gitane derrière. De manière générale, c’est difficile d’être une jeune femme, aujourd’hui ! Il n’y a pas beaucoup de crédibilité quand on est une jeune femme qui a soif de liberté, de défendre ses désirs et de casser des barrières… C’est déjà énorme, effectivement. C’est fatigant !

En quoi le metteur en scène a-t-il influencé votre jeu ? Quelle part d’autonomie avez-vous eue ?

C.P : Je crois que la première phrase que Fidel m’a dite au sujet de ce personnage est « Ce n’est pas une femme fatale. » Et moi, j’étais soulagée qu’il me dise ça, parce que déjà, je ne sais pas ce que ça veut dire « femme fatale ».  Ce mot me fatigue au plus haut point. Voilà, il n’a pas beaucoup de sens. On était déjà d’accord sur ce point-là, heureusement. Et en fait, ça faisait deux ans qu’on travaillait ensemble, donc on était déjà habitués à dialoguer, à discuter. C’est un metteur en scène qui laisse beaucoup de place aussi aux comédiens dans la construction des personnages et même dans la construction du spectacle aussi, même si c’est lui qui a le gouvernail. Mais cela s’est fait dans le dialogue. Et puis, c’est vrai que je suis arrivée avec beaucoup d’idées, beaucoup de propositions, en particulier pour ce rôle-là. Cela s’est fait assez rapidement parce qu’on était d’accord sur pas mal de points. Et Fidel a aussi beaucoup insisté sur la gestuelle flamenca. On le voit dans le spectacle. D’autres personnes qui avaient aussi ces connaissances-là ont collaboré, que ce soit d’un point de vue de danse ou musical. Je pense notamment à Sara Fernandez qui nous a aidés, qui nous a coachés sur cette gestuelle-là ainsi que notre compositeur-régisseur Manu Morais qui, lui aussi, est très connaisseur du flamenco. Donc, c’était l’élément en plus dont j’avais vraiment besoin. Et encore une fois, là, on en est au début. Mais si le spectacle est amené à évoluer, moi, j’aimerais encore pousser beaucoup plus loin cet aspect.

Dans le cadre du festival, vous allez jouer en plein air et le soir. Comment abordez-vous cette nouvelle expérience ?

C.P : On a tous extrêmement hâte d’y être parce que notre dernière représentation était début février. Donc, là, ça va faire un bout de temps. On n’en peut plus. Donc, on va arriver dans un état de fureur, de rage. C’est bien, c’est parfait ! Voilà, il va falloir être prêt. Et puis, on se sera beaucoup manqué aussi. Et c’est vrai qu’on n’a jamais joué aucun des spectacles de la compagnie en extérieur. Ce n’est pas forcément ma première expérience en extérieur. Mais pour la compagnie, oui. Et en fait, là, je crois qu’on va jouer à 21h en extérieur. C’est-à-dire que la nuit va tomber pendant le spectacle. C’est tout à fait probable que la nuit tombe pile au moment où, justement, la pièce bascule. Je suis sûre que la nuit va tomber au moment où je vais tirer la carte de la tour ou de la mort. Je pense que ça va être magique ! Je pense que ça va avoir une grande impression sur le public. C’est vrai que le final dans la nuit avec les lumières, je ne sais pas comment il va se débrouiller, Manu, mais on sait qu’il va très bien se débrouiller. Il est habitué.

Vous avez été nominée pour les Cyranos, quels sentiments avez-vous éprouvés ?

C.P : Oui, en fait, on a reçu cinq nominations. Meilleur spectacle, meilleure mise en scène, meilleure scénographie. Et pour Laurent Kiefer qui joue Prosper Mérimée, meilleur comédien dans un second rôle. Ça nous a fait aussi un peu de baume au cœur dans un contexte où il est difficile de monter des spectacles en général, mais à fortiori depuis ces derniers mois et depuis cette rentrée. Donc, on est tous un petit peu inquiets sur la situation de la culture et de ses financements.

Ce rôle va jouer un tournant dans votre carrière ?  Avez-vous déjà des projets, soit d’actualité, soit des projets à venir ?

C.P : La situation du spectacle vivant est au ralenti mais on espère en tout cas une reprise pour Carmen. Voilà, on espère pouvoir continuer à faire vivre ce spectacle le plus longtemps possible. Moi, pour le moment, j’ai des projets qui sont plutôt à l’état de gestation ou à l’état d’arrêt, qui sont encore sur le feu. Donc bon, ce qui veut dire que je suis tout à fait disponible, si jamais…. Et puis, de toute façon, j’ai dans ma vie beaucoup d’occupations et de projets personnels sur lesquels je travaille aussi.

Vous écrivez ou vous êtes uniquement dans le jeu ?

C.P : Oui, j’écris des pièces de théâtre. Voilà, j’en ai écrit trois, dont une a fait l’objet d’une publication dans une petite maison d’édition l’année dernière. Mais je ne sais pas si j’ai envie de continuer à écrire du théâtre. Je vais peut-être me pencher vers d’autres genres littéraires. Voilà, j’ai un projet d’écriture en cours qui est beaucoup plus conséquent et auquel je crois beaucoup. Et je fais de la danse.

Souhaitez-vous ajouter encore d’autres éléments peut-être ?

C.P : Oui, oui.  Je souhaiterais ajouter un mot sur toute l’équipe du spectacle parce que c’est très rare les compagnies où tout le monde s’entend aussi bien que dans celle-ci. Il y a une osmose de groupes assez inédite même si on se connaît tous depuis déjà quelque temps, pour la plupart. On a tous une réelle complicité qui se sent au plateau. Et en fait, ça, ça rend le spectacle encore plus beau. Ça rend nos interactions encore plus fluides. Moi, je ne peux pas être mieux entourée qu’avec les autres comédiens du spectacle. Le trio avec Mercedes, Frasquita (Léna Leroy-Mathilde Roger) et Carmen aussi. On dirait vraiment un trio de copines auxquelles tout le monde puisse s’identifier. S’y ajoutent les costumes de Maxence Rapetti Mauss, les chants qui sont dirigés par Laurent et aussi chantés par Léna, les scènes chorégraphiées par Sarah, les musiques de Manu. Et comment ne pas oublier David Sentkar, mon José, qui est absolument essentiel à la puissance de ce duo et la virtuosité de Félix Bony qui incarne tous ses concurrents ! En fait, il y a une espèce de syncrétisme entre toutes ces disciplines, qui crée une belle osmose sur ce spectacle et un bon équilibre entre les différentes formes artistiques, je trouve que ça peut faire des étincelles.

Il y a un très beau travail sur les costumes ?

C.P : Oui je trouve cela exceptionnel ! Depuis que Maxence fait nos costumes, j’essaie de les voler… Les costumes sont sublimes. Elle sait nous habiller d’une manière qui va avec nos corps. C’est vrai que la jupe qu’elle m’a confectionnée tombe sur mes hanches d’une manière parfaite qui alourdit mes hanches et me donne cette démarche ancrée. Elle m’a sculpté le corps de Carmen et c’est assez exceptionnel. Puis c’est la manière dont les costumes sont faits avec de la récupération de plein de morceaux de tissu, des rideaux de grand-mère. La robe du personnage de Lena qui est l’allégorie du destin est faite de chutes de tissu, de boutons trouvés en brocante, une perle de boucle d’oreille trouvée par-là, une perle par ici… Enfin, je ne sais pas comment elle fait ! C’est une sorcière ! Elle a réussi à recréer avec du bric et du broc des costumes sublimes.

Et qui font sens…

C.P : Oui oui, tout fait sens. On n’a pas de décor mais juste des costumes et nous. C’est aussi avec cette simplicité-là que Fidel souhaite monter ses pièces. Ce parti pris scénique participe de la manière de tailler le mythe dans le granite pour lui enlever ses couches d’interprétation et se focaliser sur les acteurs et sur ce qu’ils ont à dire de ce mythe aujourd’hui…

Sur cette belle conclusion, le festival sera très content de vous accueillir le 20 juillet. Nous attendons avec impatience de voir la pièce. Je vous remercie au nom du festival pour ce temps que vous nous avez accordé.

Interview réalisée par : Marie
Bénévole au Festival de théâtre en Val de Luynes