FABRICE LUCHINI

Du p’tit Robert au grand LUCHINI

(Fabrice Luchini et moi)

On aurait pu imaginer le p’tit Robert né avec un livre dans les mains, élève scolaire et studieux, récitant « Le corbeau et le renard » à trois ans.
On l’aurait bien vu sur les planches à sept ans déclamant la tirade du nez de Cyrano puis réussir brillamment son certificat d’études.
Mais non, c’est dans la vente des poireaux-carottes qu’il va exceller, le petit, histoire de donner un coup de main au patriarche (italien de souche).

Devant son manque d’appétence pour les études, c’est vers un salon de coiffure que sa mère l’oriente (attention pas n’importe lequel : avenue Matignon  à Paris !). Il a quatorze ans.
Et là, one glorious day, son patron, entre deux coups de ciseaux, lui conseille de changer de prénom qu’il juge trop populaire. Il aurait pu s’appeler Jean-Octave ou Jean-Hugues ; il choisit Fabrice.
Contre toute attente, la littérature vient à lui. Il a dix-sept ans quand il s’immerge dans Voyage au bout de la nuit, œuvre majeure de Louis-Ferdinand Céline. Il enchaîne avec Balzac, Flaubert, Proust…

Passionné également de musique soul, il fréquente souvent les discothèques et devient vite une attraction. Il se fait remarquer par Philippe Labro qui lui propose son premier rôle au cinéma dans Tout peut arriver.
Parallèlement, il décide de suivre des cours d’art dramatique avec Jean-Laurent Cochet qui lui donnera le goût pour le répertoire classique.

Sur le grand écran, le film Les Nuits de la pleine lune en 1984 lui vaut sa première nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle mais c’est celui dans La Discrète de Christian Vincent en1990 qui le fait connaître du grand public et qui lui vaut une nomination au César du meilleur acteur.
Il tourne avec les plus grands réalisateurs, Cédric Klapisch, Edouard Molinaro, Claude Lelouch…
Il enchaîne les récompenses, onze fois nommé aux Césars, il s’illustre aussi aux Molières.

Homme de cinéma, de théâtre, de télévision, de conviction, sa fougue pour la poésie, la langue française, les grands auteurs, fait de lui un phénomène.
Il sera fait commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres en 2013.
Respect.

On connaît tous son éloquence, ses envolées lyriques qui témoignent d’un talent exceptionnel, d’une mémoire hors norme et d’un jeu scénique inimitable (ou presque …).
A soixante-quatorze ans, c’est un bien joli parcours Monsieur Fabrice Luchini !

Rédigé par Catherine