Photo Jérôme de Verdière

Jérôme de Verdière

Biographie

Créateur et animateur depuis 2007 de « La Revue de Presse » sur Paris Première, Jérôme de Verdière est également le co-auteur des chroniques quotidiennes de Laurent Gerra sur RTL. Au théâtre, il a écrit Le syndrome de Copenhague et plus récemment, écrit et mis en scène la comédie Un banc pour deux qui, après avoir été jouée près d’un an à Paris au théâtre La Boussole et au théâtre du Marais, est en tournée dans toute la France.

Interview de Jérôme de Verdière

On vous connait bien pour votre revue de presse de Paris Première, mais vous écrivez des pièces de théâtre depuis 2011, comment vous est venue cette idée? Vous inspirez-vous de vos chroniques ?

Non, dans la revue de presse, outre le fait d’être le créateur de l’émission je suis l’animateur, c’est très différent du théâtre. Le théâtre, c’est venu par hasard et pas complètement par hasard puisque jeune je voulais être scénariste. En fait après 15 ans de journalisme, un jour lors d’une soirée où j’avais sans doute un peu trop bu, j’ai dit oui à un copain qui sous prétexte que je savais écrire m’a demandé de lui écrire une pièce pour du théâtre amateur. Le lendemain, il fallait bien que j’assume,  et tout de suite j’ai trouvé facile et génial d’écrire des dialogues car il ne peut pas y avoir de rupture d’inspiration. Et ensuite 1 an après j’ai écrit ma vraie 1ère pièce qui était le syndrome de Copenhague, elle avait plein de défauts et n’a pas eu un succès fou mais elle m’a donné envie de continuer et pourtant en réalité j’ai très peu de culture théâtrale.

Comment est née l’histoire des Égoïstes anonymes? Qui vous a inspiré ?

En fait j’adore depuis toujours les comédies italiennes, ces films à sketchs comme les films de Ugo Gregoretti, Ettore Scola et évidemment le film Les Monstres. J’aime beaucoup cet humour noir dont le but en fait n’est pas de faire rire, mais on va chercher chez les gens ce qu’il y a de pire et c’est pour ça qu’on rit. Et d’ailleurs un de mes passages préférés dans les Egoïstes anonymes c’est le sketch intitulé « le cancer », c’est un moment où public est glacé, c’est dur pour les comédiens mais c’est un moment que j’adore…
J’avais envie donc d’écrire une pièce à sketches, je me suis inspiré de jean Michel Ribes, Depalmade qui font des pièces à sketches et j’ai cherché le pire des défauts humains et en fait en réfléchissant je me suis rendu compte que le père de tous les défauts c’était l’égoïsme.
J’ai écrit plusieurs sketches au fur et à mesure de mon inspiration et de situations autour de moi et puis je les ai assemblés.
Mais j’ai mis du temps à la monter car ce n’est pas facile de jouer et de mettre en scène une pièce à sketches car il faut tout de suite de rentrer dans le sketch et aussitôt un sketch terminé rebondir et repartir sur l’autre sketch. Je voulais pour ça des acteurs qui font du one man show mais aussi des comédiens et ce n’est pas facile à trouver.

En écrivant la pièce, pensiez-vous déjà aux 2 acteurs Michel Frenna et Karine Dubernet pour la jouer?

Pas du tout, je ne les connaissais pas et c’est grâce à ma rencontre avec Benoit Agoyer, le producteur notamment d’Elodie Poux, après un de ses spectacles au Casino de Paris j’ai rencontré Michel, le mari d’Elodie Poux, qui fait du One Man Show, on s’est bien entendu et je lui ai parlé rapidement de la pièce. Après je n’avais toujours pas de comédienne mais c’est encore Benoit qui m’a parlé d’une fille qui serait formidable, Karine Dubernet, et j’avoue qu’il ne s’est pas trompé car elle est franchement exceptionnelle, Michel est formidable évidemment, mais Karine c’est l’archétype de ce que je cherchais, quelqu’un qui est une vraie comédienne et qui connait toute la technique du format One Man show. Je me souviens la 1ère lecture du texte qu’on a fait dans un café et au bout de 3 pages, j’avais compris que c’était elle et que ça allait marcher entre eux 2.

En 2019 après « un banc pour 2 » lorsque nous vous avons demandé d’être notre parrain, vous n’avez hésité une seconde, pourquoi? Qu’aimez-vous dans notre Festival qui pourtant n’affiche pas « encore » une notoriété digne d’Avignon ou du Festival d’Anjou ?

Moi non plus je n’ai pas de notoriété !
J’avais passé un moment tellement formidable lors d’un « Banc pour deux », c’est un de mes meilleurs souvenirs de toutes nos représentations.
L’atmosphère, le plein air, l’été…ce public de Province que j’adore ! Je trouve merveilleux cette idée de bénévoles qui montent ce genre de projets, qui font ça par passion et en même temps avec une organisation remarquable ! J’aime beaucoup le concept et en plus on super bien reçu !
Donc je n’ai pas hésité une seconde !

Entre le chroniqueur de Paris Première, et l’Auteur que vous êtes, avez-vous une préférence ?

C’est compliqué de répondre…j’adore faire de la Télé mais j’aurais tendance à dire si je devais choisir, je choisirai l’auteur…mais en même temps j’ai une petite voix qui me dit « tu as toujours fait de le Télé, sais-tu vivre sans ? » et je ne sais pas si je sais vivre sans…mais quand même je crois que je choisirais l’écriture, auteur de fiction j’adore !

Je ne peux pas terminer cet interview sans une question à l’animateur sportif que vous avez été pendant longtemps, qui sera en final de l’EURO et quel en est votre pronostic ?

Je n’en sais rien du tout, je me suis complètement détaché du foot. Le seul sport que je suis aujourd’hui c’est le tennis.
Mais il parait que les Belges sont forts alors je dirai les Belges et puis Michel Frenna est Belge alors ça lui fera plaisir !

Interview réalisée et rédigée par Virginie Doriot, bénévole au Festival de théâtre en Val de Luynes

Interview du comédien Michel Frenna

Qu’est-ce qui vous a plu dans cette pièce et qu’est-ce qui vous a donné envie de faire partie de l’aventure ?
Soyons honnêtes, « l’argent » me répond Michel Frenna sans une once d’hésitation mais déjà avec une pointe d’humour. Il m’expliquera que son plaisir était de pouvoir « gratter en profondeur le concept d’égoïsme et ne pas se contenter de le survoler ». Il pose le décor : cette pièce en 11 sketchs permet au spectateur de découvrir des approches différentes de l’égoïsme à travers un humour grinçant qui n’est pas sans lui rappeler les comédies italiennes des années 1970 (il me citera notamment le film Affreux sales et méchants). « En chaque sketch, nous reconnaissons quelqu’un de notre entourage » m’annonce-t-il. « Et si vous ne reconnaissez personne, alors il y a de grandes chances pour que ce soit vous ».
Dans quel égoïsme vous retrouvez-vous ?
Après une courte réflexion, Michel Frenna me donne son verdict : il sera le tourciveux (mot dont je soupçonne une origine belge et dont il me donnera une définition claire et précise). Contrairement au manipulateur ou au vicieux, le tourciveux saura tourner les phrases et situations à son avantage sans réserver un funeste dessein à quiconque se trouvant impliqué dans ses pirouettes linguistiques.
Avez-vous déjà joué en extérieur, y a-t-il des adaptations à prévoir ?
Ce n’est pas la première représentation de Michel Frenna en extérieur. Il m’explique qu’il ne voit que du positif à exercer son art en plein air car « bien que le spectacle proposé soit le même à chaque représentation, son caractère unique se façonne justement par l’adaptation du jeu au public et à l’environnement ».
Vous connaissiez vous avec Karine avant de vous retrouver tous les deux dans cette pièce ?
« Pas du tout » me répond Michel Frenna, « c’est même la première fois que je préparais un spectacle avec une artiste que je ne connaissais absolument pas ». Il ajoute que travailler avec Karine Dubernet a été un réel plaisir dans le sens où leurs façons de travailler respectives étant « diamétralement opposées », elles leur ont permis de rapidement trouver une complémentarité rendant la préparation de la pièce très agréable. Les deux acteurs ont donc su trouver l’équilibre parfait pour vous présenter la meilleure version du pire de l’égoïsme.
Quel impact a eu la pandémie de COVID 19 sur le spectacle et votre carrière ?
Le comédien m’explique que le premier confinement a indéniablement retardé la pièce. Mais je comprends à travers ses dires qu’il a su prendre avec philosophie les conséquences de cette terrible période sur sa vie. Il ajoute avec optimisme que malgré les tragiques événements qu’a provoqué la pandémie, elle nous a tous obligés à ralentir et à porter un regard sur ce qui importait vraiment. Michel Frenna me dit que pour la première fois depuis longtemps il a pu s’adonner à des activités auxquelles il ne pouvait accorder du temps auparavant et a pu « profiter » du confinement pour passer du temps chez lui avec sa famille.
Il terminera en m’annonçant que cette interruption du spectacle vivant pendant plusieurs mois lui a permis de réapprendre à savourer le plaisir de monter sur scène et de retrouver un public en chair et en os avec qui partager rires et larmes.
Monsieur Frenna est impatient de venir découvrir la Touraine. Alors que le spectacle reprenne !

Biographie

« Michel est drôle, même très drôle, mais je ne suis pas sure que faire rire toute la classe soit le meilleur moyen de préparer au mieux son avenir », une prof. de 4e B !

Michel a 13 ans et vit à Liège quand il découvre le théâtre. Depuis il n’a jamais quitté les planches. Il a suivi une formation à l’école Des Enfants Terribles à Paris avec la comédienne Anne Bouvier (Molière de la comédienne dans un second rôle en 2016 et Molière de la comédienne en 2019) et le comédien Jean-Michel Dupuis (nommé à plusieurs reprises aux Molières). Depuis 10 ans, Michel a su imposer son univers que ce soit à l’écriture ou à la mise en scène : Pour quelques centimètres de neige récompensé au Petit Molière, Dommages écrit avec Elodie Poux, Julie Villers et Céline Groussard ; ou sur le prochain one man show de Yann Guillarme.

Artiste dans l’âme, il ne choisit que des projets qui lui plaisent et dans lesquels il s’épanouit artistiquement : tueur maladroit dans Interimeurtre d’Alexandre Josse, metteur en scène qui vole un rôle dans Dommages, colocataire glandeur dans la websérie Paye ton mois, comédien pour Robert Hossein au stade de France dans Excalibur, etc. Pour lui-même, il a écrit deux one man show : Michel Frenna dans 10m2 et #MYTHO. Il est actuellement présent sur l’antenne de Rire et Chansons, avec le Top de l’Actu, dans la matinale animée par Bruno Roblès et régulièrement dans l’émission 1h avec… de Sébastien Boché. Michel, dans la lignée des Édouard Baer ou Jean Yanne, est un artiste à l’univers communicatif et au plaisir contagieux.

Interview du comédien Karine Dubernet

Qu’est-ce qui vous a plu dans cette pièce et qu’est-ce qui vous a donné envie de faire partie de l’aventure ?
« Le texte et son humour à la fois incisif et élégant » me répond Karine Dubernet avant de développer : elle se retrouve tout à fait dans l’univers bâti par l’auteur et sa manière de traiter le sujet de l’égoïsme. Charmée par la plume de Jérôme De Verdière qui transcrit un humour cynique, Karine Dubernet a souhaité participer à cette aventure et ainsi encourager le spectateur à réfléchir sur l’égo et les différentes formes de l’égoïsme.
Vous connaissiez-vous avec Michel avant de vous retrouver tous les deux dans cette pièce ?
La comédienne m’indique qu’elle a rencontré pour la première fois Michel Frenna ainsi que Jérôme De Verdière pour la préparation de la pièce. Très satisfaite de retrouver un monde qui lui est familier à travers les écrits de Jérôme De Verdière, elle m’avouera son goût pour les textes à double sens et pour l’art de jouer avec les mots. Elle utilise d’ailleurs ces outils linguistiques pour son propre spectacle Souris pas !, spectacle pour lequel elle réalise actuellement une tournée en parallèle de celle de Les égoïstes anonymes .
Karine Dubernet emploie les termes « généreux », « bienveillant » et « libre » pour me présenter Michel Frenna, son partenaire de jeu, avec qui elle a beaucoup aimé donner vie à la pièce. Se sachant plutôt cadrée dans son travail, elle a apprécié se retrouver en face d’un acteur capable de folies aussi bien sur scène qu’en dehors et confirme les dires de Michel Frenna qui estime qu’un équilibre entre eux s’est très vite mis en place. « C’est un vrai clown, une personnalité atypique » ajoutera-t-elle enfin. Je suis enchantée d’entendre de la part des deux comédiens à quel point l’alchimie est présente. Nul doute que les spectateurs du Festival prendront plaisir à découvrir la pièce.
Parlez-moi de la pièce !
L’actrice m’explique que Les Égoïstes anonymes présente la manifestation de l’égoïsme à différents niveaux et dans des situations très variées à travers ses 11 sketchs. Elle ajoute que, selon elle, le spectacle brosse un portrait de l’être humain (qu’elle qualifiera « d’égo sur pattes ») et de ses différentes facettes. Karine Dubernet estime que la mise en scène d’un égoïsme « protéiforme » permet de dresser un constat sur notre condition humaine mais qu’il n’est jamais question de juger ou d’apporter un regard moralisateur sur la situation. Elle ajoutera très justement que « vivant dans une société dans laquelle nous est dicté ce qu’on doit manger, comment se comporter, comment on doit s’habiller… » l’objectif ici n’est absolument pas de parler de bienséance ou de ce qui est politiquement correct, mais d’inviter le public à réfléchir sur ce qu’on pourrait qualifier de « philosophique » sur le sujet..
Dans quel égoïsme vous retrouvez-vous ?
« L’égoïste repentie, me répond la comédienne. L’égoïste qui sait qu’il l’est mais qui se le pardonne ». Reprenant cette idée que l’être humain, surtout à notre époque, nourrit un ego important, Karine Dubernet remarque que ce type d’égoïsme est certainement très généralisé et qu’après avoir pris conscience de son égoïsme, « l’égoïste repenti » essayera de rattraper ses erreurs et ainsi de se gracier de toute culpabilité.
Avez-vous déjà joué en extérieur, y a-t-il des adaptations à prévoir ?
L’actrice, ayant déjà eu l’occasion d’exercer son art en plein air, m’indique trouver cela très agréable mais aussi que le jeu en extérieur peut s’avérer être un vrai défi du fait des stimuli imprévisibles pouvant attirer l’attention du public. Elle m’explique avoir joué dans des lieux où la concentration était primordiale car, l’environnement étant propice à la distraction des spectateurs, elle devait déployer tout son talent et toute son énergie pour captiver la foule et susciter son intérêt à chaque instant.
Quel impact a eu la pandémie de COVID 19 sur le spectacle et votre carrière ?
En écho à ce que m’annonçait Michel Frenna dans son interview, Karine Dubernet me dit qu’elle a aussi remis en question le sens de son activité professionnelle. En effet, durant plusieurs mois, elle n’a pu exercer son métier d’actrice, les théâtres étant considérés comme des lieux « non essentiels ». Elle s’offusque de ces propos et, en tant qu’amatrice du sixième art, je ne peux que comprendre sa peine et la partager. La comédienne, qui est aussi auteure, me fait comprendre qu’être artiste n’est pas seulement une profession, mais un mode de vie, une vocation. Elle m’explique sa passion du théâtre et comment, après avoir découvert cet art à l’école au cours de son enfance, devenir actrice est apparu pour elle comme une évidence. Karine me décrit cette communication entre comédiens et public, cette transmission d’énergie et d’émotions qui fait vibrer à l’unisson toute la foule de spectateurs. La scène lui permet de ressentir cette harmonie, cette osmose, ces ondes positives dont elle est le vecteur. Elle remarque que l’homme est un « être grégaire qui nécessite les autres pour vivre » et qu’en ce sens, il ne fait aucun doute que son travail soit essentiel à la santé et au bonheur de l’humanité.

L’actrice a profité de cette pause du spectacle vivant pour créer autrement. Elle a notamment élaboré sa propre chaîne YouTube Karine Dubernet sur laquelle vous pouvez retrouver ses sketchs et chroniques radio.

Karine Dubernet est ravie de venir rencontrer le public tourangeau et de le faire vibrer comme elle sait si bien le faire !

Interview réalisée et rédigée par Mathilde Sassier, bénévole au Festival de théâtre en Val de Luynes.

Biographie

Artiste aux multiples talents, Karine Dubernet est humoriste, comédienne, auteure et interprète. Elle découvre la comédie à Marseille, sa région natale où elle fait ses classes au conservatoire de région d’Art Dramatique. Arrivée à Paris, elle se fait repérer comme chroniqueuse sur Europe 1 avec ses Billets d’Humeur dans l’émission de Nicolas Demorand ainsi que dans l’émission On ne demande qu’à en rire de Laurent Ruquier. On la retrouve actuellement sur Rire et Chansons dans la matinale de Bruno Roblès pour son Top de l’actu.

En tant qu’auteure, elle écrit deux One Woman Show qu’elle joue au Point Virgule et à la Comédie de Paris, et Ennemie Potiche N°1 qu’elle joue au Théâtre du Grand Point Virgule. En tant que comédienne, elle travaille entre autres avec Laurent Baffie dans Les Bonobos au Palais Royal et Sans Filtre au Théâtre Fontaine, Arthur Jugnot dans Des Pieds et des Mains au Théâtre Fontaine et Où est Jean Louis à la Michodière, ou encore Patrick Haudecoeur dans Silence on Tourne toujours au Théâtre Fontaine. Actuellement dans Souris pas ! (Point-Virgule), son troisième seule en scène, Karine Dubernet livre une autofiction à son image, énergique, drôle et émouvante.