George Dandin

De Molière

Distribution : Luca Bozzi, Laure Caillet, Renaud Gillier, Etienne Guérin, Maud Landau, Elise Touchon- Ferreira

Interview de Maud LANDAU, Angélique pour un soir

Pourquoi et comment avez- vous décidé de devenir comédienne ?
Cela a été tout de suite quelque chose de très important pour moi. J’ai donc passé mon bac avec l’option Théâtre. Ça a confirmé mon choix. J’ai su que c’était ce métier que j’avais envie de faire./em>
Vous vous êtes essayée à plusieurs styles de théâtre pour en venir ensuite au théâtre classique ou cela a été tout de suite une évidence ?
Non, ça n’a pas été tout de suite une évidence. J’ai fait plusieurs formations : l’école de Chaillot en même temps que l’Université en études théâtrales. Puis j’ai découvert l’école de Carlo Boso, l’Académie Internationale des Arts du Spectacle où j’ai appris un métier de façon concrète, une formation extrêmement complète qui nous amenait au festival d’Avignon dès la 2e année, ce qui permettait de nous constituer en troupe et, par cet aspect collectif, de faire ce que nous aimions. Je suis arrivée à jouer dans des pièces classiques car le métier m’a amenée là, mais j’ai aussi joué dans des pièces contemporaines. J’aime les deux genres de pièces, j’aime toucher à tout.
Je trouve ça plus intéressant de commencer par une formation classique qui va vous donner des bases pour pouvoir comprendre, le vers, l’alexandrin. Ça permet de mieux se plonger dans les pièces du répertoire contemporain. En tout cas, c’est très riche de visiter des pièces classiques, pouvoir jouer Shakespeare, Molière, Victor Hugo ; ce sont des auteurs qui ont dans les histoires qu’ils écrivent, des références, un langage riche et c’est une nourriture immense.
Affiche de la pièce Et elles vécurent heureuses
Et on voit se répercuter les thèmes des siècles derniers dans notre siècle ?
Exactement. Des auteurs contemporains puisent dans ces références. J’ai étudié Koltes, et on voit, même s’il appartient au XXe siècle, qu’il a des références liées en permanence au théâtre classique.
Quelle a été votre plus belle émotion ?
De manière générale, quand la grâce s’invite et que je sens qu’il y a communion avec le spectateur. C’est un moment extraordinaire, ça arrive la plupart du temps : cette joie immense de sentir ce qui se raconte sur scène, que les émotions sont partagées et que le public nous renvoie tellement d’énergie pour continuer à faire avancer l’action. C’est ce que j’aime particulièrement dans le rapport direct avec le public, c’est avoir cet échange.
Avez-vous eu une mauvaise expérience ?
Oui. Ça peut être quand je fais une proposition, j’ai l’impression qu’elle n’est pas accueillie, mais c’est grâce au public et à ces propositions-là, en se trompant qu’on apprend à avancer. Dans ce métier, on nous dit souvent
« Trompons-nous en répétition ». Ça pourrait être une mauvaise expérience mais ça apprend à regarder ça avec humour, sans se prendre au sérieux.
Auriez-vous autre chose à raconter, peut-être sur Georges Dandin ?
Ce qui est extraordinaire dans cette pièce écrite au XVIIe siècle, ce sont les paroles d’Angélique dans son discours d’émancipation, la dénonciation du mariage forcé, sa volonté d’affirmer sa jeunesse ; c’est truculent, génial à jouer. Elle est malicieuse et elle a plus d’un tour dans son sac. Elle ne se laisse pas avoir par son mari. C’est plus que jamais actuel. J’espère que ces propos seront entendus, car souvent quand on sort de la pièce, les avis sont partagés, car on peut avoir de l’empathie pour Georges Dandin, le dindon de la farce, un peu victime de ce qui lui arrive.
Oui il ne méritait peut-être pas tout ça ?
Oui, en tout cas cette hypocrisie de la part de la noblesse et de ses codes qui sont insupportables, je pense que Georges Dandin et Angélique la subissent tous les deux, car elle non plus n’a pas choisi sa condition.
Mais on va un peu la découvrir cette pièce, moins connue que toutes celles que l’on apprend à l’école !
Oui, mais elle est très moderne. Elle renvoie à la question de la condition féminine et à celle des hommes qui n’ont pas leurs mots à dire face à ceux qui sont d’une condition supérieure.
Interview réalisée et rédigée par Valérie Petitpez, bénévole au Festival de théâtre en Val de Luynes.

Qui se cache derrière… les costumes ?

Manu De Arriba

Sonia DE SOUSA

La costumière

Interview

Comment vous est venue l’envie de devenir costumière ?
Ma maman est couturière de formation; j’ai grandi au milieu de ses machines à coudre et de ses épingles au sol. Adolescente, j’ai vu le film Moulin Rouge avec en bonus les coulisses de la création du film et le travail de la costumière et j’ai été fascinée par ses confections. C’est à partir de là que m’est venue l’envie de devenir costumière.
Quelle formation avez-vous suivie ?
J’ai passé un bac en Arts Appliqués qui m’a orientée vers le cursus artistique. J’ai d’abord obtenu un diplôme de technicien du spectacle en maquillage, puis j’ai suivi une formation de costumier et obtenu un DMA (diplôme des métiers d’art) et j’ai terminé ma formation à l’ENSATT de Lyon, en spécialité coupe.
Combien de temps vous a-t-il fallu pour réaliser les costumes de toute la troupe ?
Créés en 2011, ils ont dû depuis être retravaillés ; à l’époque, il m’avait fallu un bon mois pour tout confectionner.
Comment réalisez-vous vos costumes ? Est-ce à partir d’une photo, d’un dessin ? Comment choisissez-vous les tissus ?
Pour George Dandin, j’ai fait des maquettes des costumes et un croquis que j’ai proposés à la compagnie qui les a validés. Je me suis alors lancée dans la fabrication ; j’ai fait moi-même le patronage et le montage des costumes ; j’ai choisi aussi les tissus qui sont plutôt des tissus d’ameublement (plus denses).
Tous les costumes sont réalisés à partir du même genre de tissus afin de garder une unité pour la pièce. La couleur, la coupe, le détail du vêtement, les accessoires, les masques permettent de différencier les couches sociales.
La couleur est aussi associée à la psychologie du personnage ; dans le cas de M. et Mme de Sotenville, les costumes sont de couleur sombre car ils renvoient à leur propre caractère. Les personnages portent aussi des masques qui sont pris en compte dans le costume.
Quelle relation entretenez-vous avec les comédiens ?

Des liens, des échanges sont nécessaires entre comédiens et costumière pour mener à bien une pièce. C’est un travail d’équipe.
Au départ, nous étions tous fraîchement sortis de l’école et nous nous sommes lancés dans ce beau projet.
Depuis, je ne suis plus les comédiens lors de leurs déplacements ; je leur ai transmis les consignes d’habillage et de maquillage en fonction de chaque personnage et ce sont de toute façon des techniques qu’ils ont appris à maîtriser lors de leur formation.

Interview réalisée et rédigée par Valérie Petitpez, bénévole au Festival de théâtre en Val de Luynes.
Manu De Arriba

La compagnie Des Passeurs

La compagnie des passeurs est née de l’envie de transmettre notre amour du théâtre, des mots et du mouvement.

Nous avons fait le choix de nous appuyer sur des œuvres du répertoire classique, qui font partie de notre culture commune, afin de nous adresser au plus grand nombre.

Tout en restant fidèles aux textes et en proposant une esthétique qui s’inscrit dans la tradition du théâtre classique, nous conjuguons au présent les histoires du passé.

Le travail sur les langages nous importe autant que le travail des corps.

Nous marions les mots au mouvement, les masques aux émotions. Dans notre théâtre la poésie côtoie le ridicule au milieu des chants, des danses, des pantomimes et des combats et il nous tient à cœur de monter notre scène dans la plus belle salle du palais comme dans la plus bassecour.

Passeurs nous le sommes, toujours sur la route, par tous les temps et laissant derrière nous, nous l’espérons, quelques fragments de rêves.

Compagnie Les Passeurs
Comédien Luca Bozzi

Luca BOZZI

Clitandre l’amoureux, Colin, le valet de Monsieur Dodin, c’est lui !

Petit mélange de soleil italien et de gouaille parisienne, Luca Bozzi a plusieurs cordes à son arc : comédien, acteur, réalisateur de publicités pour le web, doubleur, mime, il est aussi… pilote de drone ! Il se définit comme sincère, déterminé, fiable et spontané.

Il a joué à Versailles, à Paris, en Italie, en Espagne, à l’Île de La Réunion et bien sûr au festival d’Avignon durant 5 ans. Ce soir, il est avec nous pour notre plus grand plaisir et le sien !

Comédienne Laure Caillet

Laure CAILLET

Attention ! Un agent de la CIA sera sur scène ce soir ! Rassurez-vous, Laure ne va pas vous espionner !

Sa CIA à elle, c’est La « Compagnie Internationale Alligator » qu’elle a intégré en 2014 suite à sa formation aux Arts de la rue pour la création « Dessous d’Histoire »,
un parcours de 2000 ans d’histoire en 1h15 de spectacle !

Mais elle reste fidèle à la « Compagnie des Passeurs » qui nous ravira ce soir. Laure dans la peau de Mme de Sotenville, la mère de la mariée.

Vanessa Fery

Etienne GUERIN

Il a à son actif :
– Une maîtrise de littérature et linguistique à Paris Sorbonne
– La pratique des arts martiaux traditionnels, des arts du souffle et du geste
– Une formation professionnelle au théâtre chanté et dansé
– Une formation en chant en conservatoire
– Une formation au tango argentin à Paris
– Un diplôme de l’Académie Internationale des Arts du Spectacle à Montreuil
– Une spécialisation en jeu masqué et théâtre de mouvement

On arrête là ? Ce soir il usera de ses talents dans le rôle de Monsieur Sotenville.

Vanessa Fery

Renaud GILLIER

Il excelle dans le rôle de George Dandin, ce riche paysan marié à une femme qui soupire pour un homme plus jeune…

Comme ses compagnons de route, il est passé par la grande porte : l’Académie Internationale Des Arts du Spectacle. En 2013, il intègre la compagnie du Mystère Bouffe avec laquelle il monte La Cour des Miracles, une adaptation de Notre Dame de Paris de Victor Hugo.

Depuis 2015, avec la compagnie point C, il participe à des ateliers périscolaires pour initier les élèves au théâtre ; il a également créé un cycle de spectacles jeune public sur les droits de l’enfance. Un bien joli projet !

comédienne Elise Touchon Ferreira

Elise TOUCHON FERREIRA

Elise Touchon-Ferreira pratique l’outil théâtre depuis l’école primaire, dans différents ateliers animés par son père. Après un bref séjour au Conservatoire du Centre de Paris, elle décide de se former à l’Académie Internationale des Arts du Spectacle, dirigée par Carlo Boso. Durant cette période, elle s’essaye à la création en montant une association —La Cie des Gobes-Lune— et un collectif artistique —Le Collectif des Gueux (festival pluridisciplinaire, conte musical, déambulations de marionnettes géantes…).

Comédienne dans Gaïa et Prométhée d’Enri Wegman, Blue Hotel ? court-métrage de Tristan Trégant, Liliom, la vie ou la mort d’un vaurien m.e.s Jean-Philipe Morin, Noces de Sang m.e.s Christian Vérité ; comédienne et metteuse en scène dans Vincent conte musical, La famille Bip ou l’art d’éplucher les patates, Les Cabarets des Gueux ; organisatrice des Festivals des Gueux éditions 2007, 2008 et 2010…
En 2013, elle joue dans George Dandin de Molière.