100% MARIANNE

Affiche Sherlock Holmes et la Vallée de Boscomb

Les comédiennes ce sont elles !

Hélène Serres, dans le rôle de Marianne,  la cheffe d’établissement

Jihane Benlahcen, dans le rôle de Fatiha, prof d’EPS

Marie Montoya, dans le rôle de Marie, prof de français

Magali Bonfils, dans le rôle de O’Clock, prof de SVT

Aurélie Pingent
Comédien Karim Wallet

Les autrices, ce sont elles !

  Elles sont également nos marraines 2022

Corinne Berron et Hélène Serres

Comédien Karim Wallet

Interview de Corinne Berron et Hélène Serres

Comment s’est créée votre compagnie ?

Corinne :
« La compagnie Le Pompon s’est créée en 2002 pour notre premier spectacle écrit par Hélène et moi. Le titre était Petite lundi, grosse semaine ; une pièce de théâtre à 2 personnages qui mettait en présence 2 femmes dans un bureau dans une agence de publicité.
Deux femmes qui travaillaient mais qui en fait ne faisaient rien parce qu’elles avaient une vie privée tellement préoccupante qu’elles n’avaient pas le temps de travailler. »

Vous revenez en Touraine après le gros succès en 2018 de « Et pendant ce temps, Simone veille » jouée à Fondettes ; avez-vous gardé un bon souvenir de votre passage dans la région ?

Corinne :
« Affirmatif ; excellent. On a eu un super accueil ; on est très heureuses de revenir et encore plus en tant que marraines !

Hélène : 
« C’était un très bon moment ; on est ravies d’être à nouveau là. »

Et l’idée de jouer en plein air ?

Hélène :
Il se passe toujours des choses en plein air. Les spectacles sont toujours plus fragiles au niveau de la technique. Il y a beaucoup plus d’aléas. Les gens bougent ; c’est toujours perturbant ; on les voit.
Il y a les lumières ; on n’est jamais dans un noir complet. Cela créé une proximité, une espèce de convivialité ; on casse un peu ce quatrième mur.

Comment vous est venue l’idée d’aborder le thème de la laïcité dans une pièce de théâtre ?

Hélène :
« La laïcité c’est vraiment un sujet très drôle ; on s’est dit : pourquoi pas le traiter ? Cela nous changera du mari, des amants, de la femme trompée… On en parle beaucoup de la laïcité d’une part et d’autre part quand on a écrit « Et pendant ce temps, Simone veille » qui était un spectacle chauviniste, avec Corinne, on s’est dit : quel est le dernier rempart du féminisme ? C’est la laïcité ! Cette laïcité, elle nous protège et surtout les femmes, de toutes les religions ; on ne connaît pas de religion qui ne soit pas misogyne ; on a cherché ; il n’y en a pas. La femme n’est jamais super bien traitée dans les religions.Et donc dans la suite du féminisme, on s’est dit, c’est la laïcité et on a voulu la traiter de façon humoristique. »

Vous avez écrit la pièce à 2 mains : pouvez nous nous dire quels sont les avantages d’une co-écriture ?

Hélène :
« L’avantage d’une co-écriture, ce serait qu’il y en a une qui ferait tout et l’autre qui ne ferait rien. » (rires) C’est très bien, parce que cela permet de tester, quand on a des idées. S’il y en a une qui commence à écrire quelque chose, l’autre met son grain de sel.
En fait, on avait cette idée de la laïcité ; on a trouvé des situations ; après pour les monter, pour que ce soit drôle, pour que le public soit surpris, pour qu’on ait des situations comiques à jouer, c’est bien de le faire à deux, en ping-pong, parce que si j’essaie de vendre quelque chose à Corinne qui me dit non, non…ou alors elle me dit : je vois ce que tu veux dire, mais non, il ne faut pas le mettre comme ça, donc on fait différemment et vice-versa.
C’est formidable. On est vraiment alter-ego pour l’écriture.On n’a pas de rôle bien défini ; on a ce sujet-là ; on discute beaucoup de comment on pourrait le traiter ;on écrit de notre côté et on fait des lectures ensemble pour voir si ça fonctionne. On écrit énormément mais on jette beaucoup en fait ; on passe quand même beaucoup notre temps à couper. L’humour c’est le rythme et la rapidité.

Hélène, vous occupez une double fonction au sein de votre compagnie : auteure et comédienne; comment passez-vous de l’une à l’autre ? quels avantages en tirez-vous ?

« C’est très enrichissant d’écrire ; c’est vraiment un travail très particulier, difficile : trouver les bonnes formules, est-ce qu’on fait bien ? Est-ce que ce n’est pas trop long ? On coupe ? Moi, je suis sur scène par rapport à Corinne, et bien, j’ai la satisfaction d’avoir tout de suite le résultat, parce que comme c’est une comédie, le résultat est là : les gens rient ou ne rient pas. »
Hélène explique aussi que parfois les réactions du public sont différentes par rapport aux attendus. « Après, il y a ce qu’on en fait, moi et les 3 autres comédiennes, parce qu’elles s’approprient le texte, complètement différemment de ce qu’on avait dans nos têtes au départ.C’est aussi très surprenant. Elles construisent différemment leurs personnages avec leurs phrasés, leurs façons d’être. C’est formidable. Après quand le spectacle est monté et qu’en plus, il fonctionne, c’est un bonheur à chaque fois qu’on joue ; c’est vraiment une récompense de jouer. »
Hélène précise que Corinne a aussi une double casquette : elle écrit et elle fait de la production, ce qui n’est pas facile non plus.
« Quand on avait écrit Et pendant ce temps, Simone veille, tout le monde nous a dit : le féminisme, c’est pas drôle. On en a quand même fait une comédie où les gens rient pendant 1h20.La laïcité, c’est pareil, quand on nous a dit : oh là là, la laïcité, c’est pas drôle, ben si ! Pour Et pendant ce temps, Simone veille, les gens ne se sont pas dit : on va aller voir un spectacle féministe; les gens sont revenus nous voir parce que c’était drôle, parce qu’ils riaient de nos c… qu’on pouvait faire sur scène. En fond, il y avait un message de féminisme ; la laïcité, c’est pareil ; c’est très drôle mais en fond il y a cette idée de savoir concrètement comment se passe la laïcité.
L’idée, c’est qu’on rit. La pièce Et pendant ce temps, Simone veille a 10 ans ; 100% Marianne est récente, elle a été créée en juin.»

En tant que marraines du festival cette année, quel message souhaiteriez-vous passer aux spectateurs ?

Hélène:
« Rions ! »
« On est très heureuses de venir avec une comédie ; nous, on ne sait faire que des comédies ; on n’a qu’une envie c’est faire rire les gens, avec un sujet de fond qui était le féminisme, cette année, ce sera la laïcité. Rions, rions tous ensemble, rions de plein de choses !On est un très beau pays avec des lois formidables de liberté, d’égalité, de fraternité. On peut se permettre de rire, donc rions, amusons-nous mais moquons nous aussi, de nous-mêmes, de nos faiblesses, de nos forces, de nos contradictions. Les temps sont compliqués avec la guerre ; il nous reste un patrimoine formidable qui est l’humour. »

Corinne 
« Venez en famille ! »
« Moi, je voudrais que les gens viennent en famille avec les ados parce que c’est eux notre avenir, c’est eux qu’il faut convaincre que la laïcité c’est quelque chose de vital pour notre vivre ensemble et c’est eux qui sont le plus en doute. Il faut que les parents les emmènent parce que tout seuls, ils ne viendront pas; ils ne sont pas très sensibilisés au théâtre. La pièce se passe dans un lycée, c’est intéressant pour eux car c’est leur quotidien, cela va leur rappeler leur scolarité et je voudrais surtout qu’ils entendent parler de quelque chose qui est merveilleux : la laïcité ; c’est merveilleux ; ça peut être très drôle et puis après, ils peuvent en discuter avec leurs parents ou avec leurs copains. »

Hélène :
« C’est vrai, parce que c’est un spectacle qui fonctionne très très bien avec les jeunes, les adolescents. C’est un sujet dont on dit tout et n’importe quoi, donc c’est bien d’en parler après en famille. »

Interview réalisée et rédigée par Catherine Ignaczak, bénévole au Festival de théâtre en Val de Luynes.

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